
Météorites : De la fascinante « black beauty » de Tissint à l'éblouissante « green beauty » de Boujdour"
En raison de ses précieuses richesses d'origine tant terrestre que céleste, de nombreux pays envient les trésors du sol marocain, souvent qualifié de « béni du ciel ». On attribue au Royaume, en dépit des éventuelles énergies sous sa surface, le doux euphémisme d'être un Eldorado pour la collecte de météorites, compte tenu de l'abondance des chutes sur son territoire national.
Les météorites les plus révélatrices sur la naissance du système solaire et l'exobiologie proviennent particulièrement des provinces du sud du Maroc, notamment des régions de Tata, Boujdour, Tinssit, Erfoud, Zagora et des environs, considérées comme des havres pour les chasseurs de météorites et les collectionneurs. Ces roches, pouvant être désignées au féminin comme au masculin, sont lucratives à bien des égards, leur gramme valant environ vingt fois celui de l'or dès leur découverte.
Au-delà des opportunités qu'elles offrent à quelques individus peu scrupuleux de s'enrichir, le Dr Abderrahmane Ibhi, professeur à l'Université Ibn Zohr et spécialiste en pétrologie minéralogique des roches terrestres et extraterrestres, souligne les énormes perspectives culturelles et scientifiques qu'elles ouvrent. Ces météorites, après avoir parcouru le temps et l'espace, offrent des informations fascinantes sur la position, le mouvement, la structure et l'évolution des objets célestes, enrichissant ainsi l'astronomie et l'exobiologie.
Le Dr Ibhi, également responsable du Musée des météorites au Maroc, basé à la faculté des sciences de l'Université Ibn Zohr à Agadir, évoque les activités du musée, notamment à l'occasion de son troisième anniversaire, qui comprennent des conférences internationales sur les météorites et les astéroïdes, ainsi que diverses manifestations scientifiques dans les provinces du sud pour authentifier et répertorier les météorites.
En poursuivant ses efforts, le Dr Ibhi exprime son intention de créer un musée satellite à Tata, une région particulièrement riche en chutes de météorites. Selon lui, les décideurs locaux sont favorables à cette initiative, ouvrant ainsi la voie à une sensibilisation accrue à travers des expositions et des tables rondes dans ces régions du sud marocain.
Le professeur Ibhi souligne également que, chaque année, seulement une vingtaine de météorites sur les quelque 500 de plus de 200 grammes attirées par la Terre sont découvertes. Il explique que la majorité provient d'astéroïdes, certaines étant arrachées à Mars, à la Lune ou à d'autres planètes du système solaire. Il partage sa fierté pour des découvertes telles que la météorite martienne Tissint, surnommée « black beauty », ainsi que la remarquable « Green Beauty » de Boujdour, exposée au musée de Yale aux États-Unis.
Le professeur se passionne également pour l'archéoastronomie, évoquant des pétroglyphes découverts à Ida Oukazou, datant de plus de 1500 ans avant J.C. Ces pétroglyphes, exposés au Musée des Météorites d'Ibn Zohr à Agadir, dépeignent des dessins de corps célestes en feu et portent des inscriptions en ancien tifinagh, témoignant de l'interaction millénaire entre l'homme et le ciel.
Face au chaos et au pillage de ce patrimoine, une législation a été introduite en mars dernier pour préserver et valoriser le patrimoine géologique. Le Dr Ibhi salue cette initiative, soulignant la nécessité de sensibiliser les acteurs concernés aux textes juridiques régissant l'extraction, la collecte et la commercialisation des spécimens minéralogiques, fossiles et météorites, afin de protéger ces richesses universelles de l'exploitation mercantile.
Le 08/03/2024
Rédaction de l’AMDGJB Géoparc Jbel Bani
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